la figure carmélitaine du mois : février

le 4 février : Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus

Natif du Gua, dans l’Aveyron, Henri Grialou (1894-1967) est le troisième enfant d’une famille qui connaît une grande rudesse de vie et baigne dans l’atmosphère sociale tendue du bassin minier de Cransac. La région se distingue aussi par sa vitalité chrétienne et missionnaire. Orphelin de père à 10 ans, Henri peut poursuivre gratuitement sa scolarité chez les Pères du Saint-Esprit. Il entre au grand séminaire de Rodez en 1911. Il interrompt sa formation sacerdotale avec une incorporation volontaire en 1913. Au service militaire succède la guerre… En 1919, il reprend le chemin du séminaire.

En retraite avant son ordination au sous-diaconat, le soir du 13 décembre 1920, Henri lit un abrégé de la vie de Saint Jean de la Croix. Le livre lui paraît « insipide » mais il est alors saisi d’une illumination soudaine et impérieuse : Dieu le veut au Carmel. En face de cet appel irrésistible se lèvent des résistances nombreuses : son directeur spirituel, son évêque, sa mère… Le 4 février 1922, Henri Grialou est ordonné prêtre. Il entre finalement chez les Carmes déchaux à Avon dès le 24 février 1922 et il y reçoit le nom de Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. En 1929, trois jeunes femmes de Marseille viennent prendre son conseil sur l’orientation à donner à leur vie. De cette première rencontre va naître à Venasque en 1932 une nouvelle famille spirituelle : Notre-Dame de Vie.

Après avoir été prieur de différentes communautés, il est élu membre du Conseil général de l’Ordre à Rome où il réside jusqu’en 1955 (hormis la guerre 1939-1945). Il sera même, la dernière année, vicaire général suite au décès de Père Général. Tout en veillant sur le développement de l’Institut Notre-Dame de Vie, il poursuit ses activités de prédication, qui débouchent sur la rédaction de son maître-ouvrage, Je veux voir Dieu (1948/1951). En 1953, la Sacrée Congrégation pour les religieux lui demande d’organiser les Fédérations des Carmélites de France. En tout, ce sera 142 Carmels visités… Il est ensuite élu Provincial de la Province d’Avignon-Aquitaine (1957-1960 et 1963-1967). Il reçoit avec joie l’enseignement du concile Vatican II, qu’il a à cœur de faire connaître et de mettre en œuvre. Il entre dans la Vie le lundi de Pâques, 27 mars 1967, jour de la fête qu’il avait établie pour célébrer Notre-Dame de Vie.

Le Père Marie-Eugène a été béatifié le 19 novembre 2016.

« Il n’est pas d’ouvrage qui puisse, au même degré que la sainte Écriture, nous éclairer sur Dieu et le Christ, assurer un aliment plus substantiel à notre méditation, favoriser le contact vivant avec Jésus et créer l’intimité avec Lui. Elle offre une nourriture qui convient au débutant ; le parfait ne veut point d’autre livre, car il est le seul dont les mots se chargent pour son âme de clartés toujours nouvelles et de saveurs toujours nourrissantes. » (JVVD, t° 206).

« Au temps de Notre Seigneur, si on avait demandé qui était son plus proche collaborateur, on aurait entendu : “C’est Pierre… c’est Jacques… c’est Jean.” En réalité, c’était la Vierge Marie à Nazareth qui était sa plus grande collaboratrice et on ne le voyait pas. »

« La sainteté, c’est la force de Dieu dans la faiblesse de l’homme. »