La figure carmélitaine du mois : mai

22 mai : Sainte Joaquima de Vedruna

Joaquina de Vedruna i Vidal est née le 16 avril 1783 à Barcelone. Elle est la cinquième d’une famille de huit enfants. Son père, don Lorenzo de Vedruna, exerce le métier de notaire de la Chancellerie Royale à Barcelone. Dès l’âge de 12 ans elle souhaite entrer au Carmel, mais vu son jeune âge, son entrée est refusée. Finalement elle accepte la proposition de mariage avec don Teodoro de Mas i Sola, un jeune avocat de 24 ans qui exerce la même fonction de notaire que le père de Joaquina, dans la même chancellerie. Elle se marie donc, à 24 ans, le dimanche de Pâques 9 enfants dont 6 atteindront l’âge adulte.

A la suite de la Guerre d’indépendance espagnole (1808 – 1814), dans lequel son mari, patriote convaincu, a participé activement, celui-ci contracte la tuberculose et meurt le Devenue veuve à 33 ans, elle élève seule ses six enfants. Dans le même temps, elle n’oublie pas son désir de vie religieuse contemplative, projet cependant reporté par ses fonctions de mère. Sur les 6 enfants survivants, Joseph-Joaquim et Agnès partent fonder une famille, Anna et Teresa embrassent la vie religieuse dans le monastère de Clarisses de Santa Maria de Pedralbes (Barcelone). Maria del Carmen et Théodora choisissent la vie monastique au monastère cistercien de Santa Maria Vallbona. Pendant toute la durée de son veuvage, Joaquina poursuit courageusement sa progression dans la vie spirituelle, par une intense prière, la pratique de pénitences et les œuvres de charité.

La rencontre fortuite, en 1819, avec le frère capucin Étienne d’Olot (Esteve Fàbrega i Sala, 1774 – 1828), dans l’église des Frères mineurs capucins de Vic, a marqué un tournant décisif dans son projet de vie religieuse. Le Frère l’oriente vers la création d’un nouvel institut religieux dédié au soin des malades et à l’éducation des filles d’origines sociales modestes (à une époque où les études pour les femmes étaient encore peu développées). Le projet avait le soutien et l’approbation de l’évêque de Vic.

Au début, tous deux avaient pensé affilier ce nouvel institut à la famille franciscaine, mais l’évêque a préféré le mettre sous la protection de Notre-Dame du Mont-Carmel, et de le nommer les « Sœurs tertiaires de la Bienheureuse Vierge du Carmel ». Le nom de « Sœurs Carmélites de la Charité« , qui est le nom officiel n’a commencé à être utilisé qu’après 1866. Le , fête de l’Épiphanie, dans la chapelle du palais épiscopal de Vic, et en présence de l’évêque, Joaquina prononce ses vœux d’entrée en religion sous le nom de sœur Joaquina du Père Saint François, elle a 42 ans. Huit autres femmes professent leurs vœux 20 jours plus tard.

Elle multiplia écoles et hôpitaux en Catalogne. Son charisme, reconnu de tous, était de répandre autour d’elle la paix et la ferveur ; son profond recueillement intérieur lui permit de supporter avec sérénité les attaques dont sa congrégation et elle-même furent l’objet. En effet, durant la Première Guerre carliste (1833 – 1839), elle subit des accusations et doit s’exiler en Roussillon où elle reste de 1836 à 1842.

Sa congrégation est définitivement approuvée en 1850. Quand son travail atteint la maturité et la stabilité, la fondatrice a commencé son déclin lent mais inévitable. Les deux dernières années de sa vie, peu à peu minées par la maladie, la mère Joaquina les a passées dans la Maison de la Charité de Barcelone, une ville où le climat était plus doux qu’à Vic, sous les soins attentif de la mère Veneranda et la douce chaleur de sa fille Agnès, alors veuve, qui la visitait souvent, et ses deux filles Clarisses. Déjà, en 1849, la mère Joaquina avait subi un premier accident vasculaire cérébral (AVC). Elle décède, victime du choléra le à 71 ans. Dans la matinée, dans un moment de lucidité, elle avait reçu les Saints Sacrements. Lors de sa mort, la religieuse est admirée pour sa dévotion, sa foi en Dieu et sa charité.

Béatifiée en 1940, elle est canonisée en 1959. Sa congrégation est rattachée à l’Ordre des Carmes déchaux.